Comment pouvoir dire cette part muette, ma part d’ombre qui depuis 30 ans tente de sortir au dehors par le fil ténu et tendu de la Peinture ?
Et cela simplement, sans emphase ni redondance … avec l’humilité de ceux qui ont toujours eu peur et qui continuent quand même ?
Peut être commencer par dire que le spectacle des hommes me fait mal, leur maladresse dans les nuits d’insomnie, les salles des pas perdus et jamais rendus...
Peut être par préciser ensuite que malgré tout le miracle d’être encore debout me submerge jusqu’à m’émouvoir aux larmes avec la colère et la pitié pour unique collier…
Mais tout cela n’est rien sans la manière de traduire, le Style, le poids écrasant (mais nécessaire) de la Peinture.

Au fond, il ne devrait y avoir que des postfaces, des mots d’Après, à la vue du Tableau et pourquoi pas (soyons fou) qu’un long silence où chacun puiserait (ou non) de quoi être moins seul, moins gâché par les convenances, les habitudes, tout ce qui rend fou et soumet à la Barbarie. C’est vers ce moins de solitude que je tends dans la solitude muette du tableau qui se peint.

Philippe Guerry est né à Bourg en Bresse en 1963



vit et travaille à Chalon-sur-Saône

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